Dans les coulisses d'une répétition de spectacle avec Côté Cour
- Côté Cour

- 1 août
- 5 min de lecture
Comment se prépare un spectacle avant de monter sur scène ?
Pendant que les futurs spectateurs vaquent à leurs occupations estivales, les membres de Côté Cour poursuivent, eux, leur travail de l'ombre.
En effet, des mois de travail sont nécessaires avant que le rideau ne se lève. Écriture, mise en scène, chorégraphies, répétitions... chaque étape compte pour offrir au public un spectacle abouti.
Aujourd'hui, nous vous emmenons vivre l'une des plus importantes : le tout premier filage de la seconde partie du spectacle, à l’occasion de la grande répétition de l’été de Côté Cour.
Un rendez-vous crucial avant les représentations des 3 et 4 octobre 2026 à L'Escale.

Une répétition de spectacle qui commence... entre retrouvailles et concentration
Il est 9 h 30 en ce dimanche de juillet lorsque les premiers participants arrivent devant la salle Emile Pelletier de Veauche, les bras chargés de sacs débordant de costumes, d'accessoires et de pochettes remplies de textes.
Les embrassades se succèdent. On a plaisir à retrouver ceux que l'on n'a pas vus depuis quelques jours ou quelques semaines. Quinze minutes plus tard, Sophie fait une apparition très attendue... avec les clés de la salle !
À 10 h 15, Gisèle Mazzolini, metteure en scène, rassemble son petit monde.
« Ce matin, on rejoue les scènes et on corrige encore, on revoit les détails. Par contre, cet après-midi, on enchaînera tout sans s'arrêter. »
Puis elle s'adresse aux danseuses et à Joëlle, la trésorière de l'association, venue observer la répétition avec un regard extérieur.
« Nous, on connaît les textes par cœur et on n'est plus forcément objectifs. Dites-nous ce que vous ne comprenez pas, ce que vous n'entendez pas... et au contraire ce qui vous amuse. »
Avant d'ajouter, avec un sourire :
« Une Cécile, par exemple, qui est très sérieuse et qui ne rit jamais... »
L'assemblée éclate de rire. Ceux qui connaissent Cécile savent qu'elle est surtout réputée pour ses légendaires fous rires !
Puis Gisèle conclut simplement :
« Concentrez-vous bien pour qu'on avance, que ce soit une journée très productive... et merci à tous d'être là aujourd'hui. »
Le ton de la journée est donné : on travaillera sérieusement... sans jamais se prendre au sérieux. Place à la première scène !
Une matinée pour ajuster chaque détail
Place à la première scène... et aux premiers ajustements !
La concentration est là, mais les petits imprévus rappellent que le spectacle est encore en construction. À peine la scène commencée qu'une sonnerie de téléphone retentit dans la salle. Quelques regards amusés se croisent. Première interruption de la journée.
Quelques minutes plus tard, une clochette donne un peu trop tôt le signal de départ d’une musique. Trop tôt ? Peu importe, Jérôme démarre au quart de tour... Pour le plus grand amusement de ses comparses.
Peu après, alors qu’il se fait attendre, Delphine, son épouse, est appelée à la rescousse par une Gisèle narquoise pour l’aider à enfiler son costume.
Puis vient le moment d'une chanson. Assise sur sa chaise, Gisèle observe la scène avant de lancer, avec un grand sourire :
« Ne faites pas ces têtes d'enterrement ! »
Difficile en effet de ne pas sourire lorsque la metteure en scène accompagne sa remarque d'un petit mouvement de danse sur sa chaise !
Et lorsqu'Arthur lance avec enthousiasme une réplique particulièrement difficile à articuler, digne des meilleurs virelangues , Gisèle intervient aussitôt :
« Attention, tu es obligé de le dire lentement... parce que cette phrase, ce n'est pas un cadeau ! »
Ainsi, chaque petite remarque permet à la troupe d'avancer un peu plus vers la version finale du spectacle. Et à midi, après plus de deux heures de répétition, les premiers sourires de soulagement apparaissent à la remarque de Gisèle :
« Félicitations à tous. Je suis vraiment rassurée par ce que j'ai vu ce matin. »
Le filage : une étape essentielle avant le spectacle
L'une des particularités des spectacles de Côté Cour est de mêler plusieurs disciplines artistiques. Cette journée de répétition en est le parfait reflet.
Alors que la matinée a vu comédiens et danseuses répéter chacun de leur côté, le filage de l’après-midi va permettre de dérouler pour la première fois l’alternance de scènes de théâtre, chorégraphies et chansons.

Mais d’abord, place à la traditionnelle danse qui réunit chaque année ou presque l’ensemble des adultes de la troupe. Dans un premier temps, Amandine Sartre fait répéter les comédiens pour qui la tâche est, il faut le reconnaître, plus difficile.
Pour mémoriser les pas, la chorégraphe use d'images aussi simples qu'efficaces.
« D'abord la papatte droite, puis la papatte gauche... ensuite, on fait l'essuie-glace... et on écrase les araignées ! »
A peine les premiers mouvements sont-ils lancés que Laura, l'une des danseuses, s'exclame avec le sourire :
« Y'a Sophie qui s'est trompée ! »
Les rires éclatent... avant que chacun ne reprenne sa place avec le plus grand sérieux.
En filage, les corrections au fil de l’eau disparaissent. Tout doit se dérouler sans interruption, dans les conditions les plus proches possible de la représentation afin de repérer les améliorations à apporter. Un décor oublié au milieu de la scène, une réplique trop rapide, un accessoire mal placé... rien n'échappe au regard attentif de Gisèle. Et les comédiens sont priés de se débrouiller entre eux en cas de trou de mémoire !
Pourtant, même les metteures en scène ne sont pas à l'abri d'une distraction. Alors qu'Amandine donne des explications, Gisèle discute... et n'écoute plus. Un renversement de situation qui amuse beaucoup la troupe, habituée à entendre exactement le reproche inverse !
Quelques instants plus tard, Chantal quitte soudainement sa chaise en courant, réalisant qu'elle a oublié un accessoire. Elle revient rapidement, l'air de rien... sous les éclats de rire de ses camarades qui ne pouvaient pas ne pas avoir remarqué son petit manège.
Un peu plus tard encore, un simple porte-manteau devient le centre de toutes les discussions : où le placer pour que Jérôme puisse récupérer son chapeau ? Nathanaël demande alors s'il doit changer de côté pour sortir de scène.
La réponse de Gisèle déclenche un nouveau fou rire :
« On parle du porte-manteau... pas de Nathanaël ! »
Une troupe, c'est aussi des moments de partage
À midi, la répétition laisse place à un apéritif organisé par Domi, qui fête son anniversaire. Puis le repas partagé tous ensemble est l’occasion de discussions à bâtons rompus et de nouveaux rires.

Ici et là, on s’interroge déjà sur le thème du prochain spectacle, soigneusement tenu secret par Gisèle et Amandine. Les speculations les plus folles vont bon train !
Et en fin d’après-midi, après un filage qui a confirmé les bonnes impressions de la matinée, tout le monde se rassemble pour une photo souvenir.
Quelqu'un demande alors à Gisèle si un débriefing est prévu. Sa réponse procure à tous un grand soulagement :
« Ah non... pas de débrief. Il n'y en a pas besoin. C'était très bien. »
Lorsque les lumières s’éteindront cet automne à l’escale, les spectateurs auront découvert plus de deux heures de spectacle. Ils se seront émus, émerveillés, ils auront ri avec la troupe. Mais ils n’imagineront ni les téléphones qui sonnent, ni les costumes oubliés, ni les « papattes droites » et « les papattes gauches », encore moins les porte-manteaux devenus les héros d'une discussion passionnée . Et c'est très bien ainsi.
Car derrière chaque représentation se cachent des dizaines d'heures de répétition, des bénévoles passionnés et une formidable aventure humaine. Et c'est tout cela qui monte sur scène avec Côté Cour.
Le rendez-vous est donné les 3 et 4 octobre 2026, à L'escale à Veauche, pour découvrir le résultat de ces mois de préparation. Nous vous espèrons nombreux. Surtout restez attentif, la billetterie ouvrira dès la fin de l'été !




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